Les limites de la démocraties participative – 3ème Partie : Favoriser une action de démocratie participative dans sa ville

democratieparticipativeIl y a plusieurs actions à mener pour pouvoir prétendre mettre en place de la démocratie participative dans sa ville. Elles ont toutes de l’importance si l’on veut vraiment être efficaces et ne pas avoir une démarche juste électoraliste ou démagogique.

Informer les citoyens

Une démocratie peut-elle ne pas être transparente ? Peut-on s’exprimer sur un projet sans en connaitre tous les enjeux ? Comment contrôler le travail de l’équipe municipale sans avoir toutes les données en main ? L’opposition peut-elle être constructive sans connaitre les tenants et aboutissants ?

L’information des citoyens est un enjeu important pour une démocratie qui engage tout le monde, et sur ce point je ne ferais que peu de concessions.

Le minimum est de tenir à disposition les dossiers donnés aux élus lors des conseils municipaux (ce qui n’est même pas le cas aujourd’hui dans ma commune).

La mise en place de l’open data est un bon principe, même si l’accès à ces données peut  s’avérer compliqué pour la majorité des citoyens ni informaticiens, ni statisticiens.

Le plus important si l’on veut être efficace, c’est d’arriver à la fois à informer les « experts », ceux capables de déchiffrer un document de loi, une délibération de conseil, etc.  et aussi de donner aux citoyens du contenu vulgarisé accessible pour tous. Il ne faut pas devoir être un expert pour pouvoir comprendre ce qui se passe dans la ville

.Cette information doit se faire par de multiples canaux :

–          Magazine de la ville, publications… Rien ne remplace la diffusion papier

–          Internet, la communication de demain. Peux se faire sous diverses formes (site, réseaux sociaux, listes de diffusion, contenu téléchargeable)

–          Réunions publiques : importance du contact humain

Ces différents canaux doivent être utilisés pour pouvoir toucher le public le plus large possible.

Choisir les bons sujets

Demander l’avis des citoyens sur des sujets trop techniques n’a que peu d’intérêt… .Qui se soucis du diamètre de la conduite des chiottes du futur bâtiment de la mairie ?  Et pourtant, ça pourrait être un sujet de débat entre citoyens et élus !!!

Non, il est important d’utiliser l’outil participatif pour des actions qui le nécessitent vraiment, et qui touchent la population directement. Il faut que le sujet soit suffisamment intéressant et concerne les citoyens pour les motiver à participer (sans que ce soit seulement les citoyens engagés qui participent).

Il faut se servir de l’esprit consommateur du citoyen !

Mais il ne faut pas utiliser cet outil si le sujet passionne, s’il y a un risque de récupération ou de punition de l’exécutif via une consultation. Le sujet doit concerner le quotidien des gens pour qu’ils ne s’en servent pas comme d’une occasion de punir un maire.

Ainsi les sujets suivants seraient à éviter à mon avis : « mariage pour tous » (trop clivant et passionnel), rémunération du maire et des élus (trop passionnel), augmentation des amendes de stationnement (qui serait pour ?).

Oublier la politique

Quoi de plus clivant aujourd’hui que les partis politiques ?

Pour instaurer un dialogue sain, une réflexion sans tabous ni préjugés, il faut arriver à se mettre au-dessus des partis politiques, pour ne pas tomber dans l’idéalisme, la pensée formatée et les querelles de clocher.

Rien n’est pire que de faire croire qu’une initiative citoyenne lancée par des politiques ne sera pas politisée.

Il est illusoire de croire que les politiques ne viendront pas influer dans le dialogue et la réflexion, c’est là aussi leur rôle. Il faut toutefois veiller à limiter cette influence et donc faire le tris dans les intervenants politisés ou non (la limite est parfois difficile, difficile de dire aujourd’hui si je suis politisé et politique ou non, par exemple).

En conclusion, si l’on souhaite mettre en place une politique de démocratie participative, il faut dans un premier temps mettre en place des outils et des méthodes de communication pour les citoyens, choisir des sujets qui correspondent aux attentes des citoyens, et surtout, savoir écarter les intervenants qui pourraient influer sur le débat de manière idéologique et donc sans intérêt pour le bien commun.

Les limites de la démocratie participative
  1. Introduction
  2. Partie 1 : Le rôle du Maire et ses contraintes.
  3. Partie 2 : Le citoyen consommateur.
  4. Partie 3 : Favoriser une action de démocratie participative dans sa ville.
  5. Conclusion : des propositions pour ma ville

 

Publicités