Politique pragmatique ou politique d’exposition ?

Les élections municipales approchent, et en coulisses les négociations et tentatives de rapprochement pour créer des listes communes vont bon train.

J’ai participé récemment à une réunion de tous les partis de gauche de ma commune concernant une liste commune pour le mois de mars. Cette réunion qui a commencé par un traditionnel « nous avons les mêmes valeurs », « un programme commun est possible » s’est finalement achevée comme toujours, sur un report de toute décision à une date ultérieure en attendant que d’autres prennent des décisions… Un peu plus je me serais cru dans une réunion de projet d’un grand groupe… Enfin… ce n’est pas là le sujet…

Ce qui m’a finalement marqué, c’est que les principaux points de discorde n’ont même pas été soulevés, et notamment le point essentiel pour une élection : On y va pour gagner ou juste pour participer ?

Alors bien sûr, Coubertin dirait « l’essentiel c’est de participer ». C’est vrai que des gens de gauche dans une ville de droite n’imaginent pas que gagner est une hypothèse crédible… mais alors, si on est sûr de perdre, à quoi ça sert de perdre son samedi matin à discuter de trucs débiles ???

Alors, je vais quand même livrer mon sentiment :

  • Pour ma part, faire une campagne, préparer un projet, s’il y a aucun espoir au bout ça n’a aucun intérêt
  • Je ne livrerais pas mon âme au diable pour gagner, mais le diable n’est pas celui qu’on pense et il faut savoir être pragmatique. Nous sommes sur une élection locale avec des prérogatives pour l’exécutif toujours plus réduite (encore plus dans le Grand Lyon et la future métropole). Pour ma part, la limite sera dans des valeurs humanistes et laïques, respectueuses des institutions.
  • les problèmes de personnes, de tête de liste et de fédération, les problèmes internes aux partis politiques (statuts et conflits), il faut faire avec… mais ça ne doit pas être traité en public au risque de faire fuir des gens qui auraient pu apporter beaucoup? Nous avons besoin des partis politiques, pour la structure, le financement et avoir un minimum de cohérence.

Je pense que si l’on veut gagner, il faudra s’écarter un minimum des positions dogmatiques et sectaires dans lesquelles un militant et encarté peux s’enfermer… Des concessions sont nécessaires, une ouverture est obligatoire, un recentrage est inévitable… et il faut une équipe de personne là pour gagner, et non un multitude de gens qui ont pour seul objectif de faire un joli programme inapplicable dans un contexte comme le nôtre.

La politique c’est aider les gens, ce n’est pas gérer sa propre carrière. Nous ne voulons pas gagner, mais redonner la mairie aux citoyens… alors continuons ce rassemblement citoyen, travaillons ensemble, avec des gens de tout bord, des politiques, des personnes issues des milieux associatifs, de simple citoyen… et nous verrons au moment venu qui sera le vrai leader et quels partis politiques prendront le pari de cette démarche citoyenne plutôt que suivre des sections locales dépassées.

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